Bunny, 32 ans, bientôt 33.

Plus de 15 ans de problèmes alimentaires. Plus de 12 ans de troubles du comportement alimentaire.

Depuis toute petite, j'ai une tendance à yoyoter. Et depuis toute petite, j'ai l'habitude d'entendre les réflexions de ma famille à ce sujet. Pourtant, jusqu'à mes 18 ans, j'avais un poids tout à fait normal (si tant est qu'il y ait une norme). J'étais même, plus jeune, assez maigre. Mais bien entendu, à l'époque, je ne le savais pas : ma perception de moi-même était déjà faussée. C'est maintenant, avec le recul, que je m'en rends compte en regardant des photos.

La perception de mon corps était donc faussée, mais mon rapport à la nourriture aussi. Les réflexions de ma famille ont très vite engendré des comportements déviants : à chaque réflexion, petit à petit, j'ai commencé à me cacher pour manger. Et en me cachant, est venue la rapidité, puis la quantité.

L'été de mes 18 ans, plusieurs événements dans ma vie personnelle ont empiré ces comportements. Pendant un an, à me couper du monde, à manger sans compter, en cachette, de façon complètement irrationnelle, j'ai pris 40 kilos en un an et sans m'en rendre compte. Et depuis, je me bats pour les perdre.

Bien des années après j'ai consulté un nutritionniste qui m'a fait raconter toute mon histoire et là le couperet est tombé : je suis boulimique hyperphage (je ne me fais pas vomir), et j'ai des tendances anorexiques (lors d'un séjour d'un an à l'étranger, je ne me suis quasiment pas alimentée pendant 3 mois. Je ne pensais pas qu'une personne en surpoids pouvait être anorexique. Eh si.)

J'ai essayé plusieurs choses : WW, d'abord, et bien que je ne suive plus ce programme parce qu'il ne me convient plus, je suis persuadée qu'il est un excellent. Le programme de mon nutritionniste (enfin de mes nutritionnistes, parce que j'en ai eu plusieurs). Jamais de choses extrêmes. J'ai été aussi suivi par des psy. Dont une qui me convenait bien... mais qui est partie à la retraite.

Et puis pendant 3 ans j'ai été exilée pour le boulot, et je me suis retrouvée seule. J'ai alors lancé ce que j'appelle le FitWW et je me suis mise au sport, grâce à Beachbody (je vous en parlerai sur une autre page), tout en suivant WW. Les résultats en kilos n'étaient pas impressionnants, mais j'ai fait énormément de progrès en ce qui concerne la perception de mon corps. J'ai appris à m'aimer. Et même si aujourd'hui j'ai repris les kilos perdus à cette époque, les bénéfices moraux, eux, sont toujours là : même si j'ai conscience que oui, je suis grosse, eh bien non, je ne suis pas moche : les deux ne vont pas forcément par paire. Tout comme une mince peut être moche, une grosse peut être belle. Je n'ai pas la prétention de dire que je suis belle, mais je sais que je ne suis pas moche. Ni difforme. Et ça, après 10 ans de dégoût de soi, c'est déjà énorme.

Aujourd'hui (enfin demain, mercredi 11 mars 2015), je retente pour la énième fois. Je ne baisse pas les bras. Le fait d'aimer maintenant mon corps ne m'empêche pas de vouloir l'améliorer.

Donc demain, c'est reparti. Je viendrai donc poster mes statistiques de début, et nous verrons bien ce que ça donne.